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  • sandra

[Voyage à Nantes.]

Dernière mise à jour : sept. 20



Il m’a emmenée devant cette statue parce qu’il savait très bien.

Parce que déjà, il me savait.

Cette petite fille qui se fait la malle pour aller embrasser l’ailleurs. Qui fait le choix d’une vie plus trop étroite. Qui se dit que c’est trop con, que c’est trop moche de rester là, les pieds rivés à son bloc de pierre plein.

Il m’a dit regarde la. Il m’a dit confronte toi. Tu ne peux plus rester statue. Tu ne peux plus rester figée. Tu ne veux plus rester muette.

Je l’ai observée de l’intérieur cette enfant là. Elle avait la force de sa matière et le possible de sa condition qui éclairaient le fond de ses yeux.

Je l’ai regardée fort, je l’ai regardée long mais je n’ai pas compris tout de suite la magie de cette rencontre.

Il y a des révélations à rebours qui éclatent quand on ne s’y attend plus.

Et lui, il a été observateur silencieux de cette métamorphose souterraine.

Il n’a pas photographié mes mains. Il n’en a pas eu le temps. Il n’y a pas pensé. Mais caché derrière son appareil, il a mis en boîte mes rêves en grands.

Il a capturé l’immédiateté de mon sourire. Et son immensité aussi.

Il m’a saisie rêveuse et amoureuse d’un ciel plus pur, d’un air plus blanc.

Il m’a figée en équilibre, il a figé ma vie en mouvement.

Et il m’offre aujourd’hui le souvenir de cet instant de liberté.

J’ai rencontré un incroyable magicien.

Un putain de magicien.

Il y a les mots que l’on se dit et ceux que l’on se non dits jamais.

Ceux qui nous lient dans l’indicible, ceux que l’on tait pour éviter de les érafler, pour éviter de se gâcher.

Et puis au milieu d’eux il y a le mot éloge.

De celui de la transgression à celui du rêve , il n’y a qu’un pas.

Un tout petit pas de côté.

Caché derrière un minuscule boîtier.


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