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  • sandra

[Vélodyssée. Jour 9.]

Dernière mise à jour : août 23

Oléron - Châtellaillon Plage



Ce soir, il n’y a pas eu de bière de rituel, ce soir on a fait au mieux avec les forces qu’il nous restait.

C’était une journée compliquée, différente des autres, une journée avec un rythme et une temporalité bien à elle.

D’abord parce que Lorraine a crevé deux fois. On s’est dit qu’il fallait bien que ça arrive et on s’est marrées.

On s’est assises sur le bord de la route et on a réparé, un peu elle, un peu moi, un peu nous deux.

Et puis, on a passé notre temps à essuyer des averses, à mettre et enlever nos k-ways, nos pulls. On a eu froid, puis chaud, puis encore froid. On a roulé face au vent, souvent, assez souvent pour qu’on ait l’impression de puiser dans nos ressources. On a mangé des pom’potes, beaucoup, et des barres de céréales.

Je n’en ai jamais mangé autant, je crois. J’adore entendre Lorraine dire que les pom’potes c’est vraiment délicieux chaque fois qu’elle en déglingue deux ou trois d’affilé.

En programmant notre parcours, on s’était dit qu’on s’arrêterait à Yves pour la nuit, juste avant Châtelaillon-Plage et qu’on retenterait de sonner chez l’habitant. Fortes de nos dernières rencontres on avait très envie de vivre à nouveau cette expérience.

Sauf que cette fois, on a essuyé l’ignorance, puis des refus, à chaque fois. Ils étaient grands leurs jardins, pourtant. Mais pas assez pour y accueillir l’humain, pour y laisser entrer le partage et la découverte.

La vérité, c’est que ça ne marche pas à tous les coups, voilà tout.

A la place, on a dû continuer notre chemin jusqu’au premier camping de Châtelaillon, on est arrivées trop tard pour pouvoir faire des courses, on a lâché un bras pour un emplacement parce que c’était un camping quatre étoiles, on a acheté une boîte de sauce bolo à la petite épicerie de l’accueil et on a fait bouillir de l’eau.

Et au milieu de notre épuisement, on a ri de toutes ces foirades et des kilomètres parcourus.

Il n’y a pas eu de bière de rituel mais il y a eu du rire et des pâtes à la tomate et elles avaient le goût du réconfort.

Elle ne ressemblait pas aux autres journées, cette journée là, mais en regardant dans notre rétroviseur, on s’est dit qu’on avait eu la chance de voir des paysages magnifiques, que la météo aurait pu être pire et qu’on y allait peut être un peu fort en pom’potes.

Tout est facile avec Lorraine, on ri de tout, tout le temps, et notre rire désamorce tout.

Je crois qu’à nous deux, je suis plus forte, je vais plus vite, je vais plus loin.

Je crois qu’à nous deux, elle aussi est plus forte, elle va plus loin, elle va plus vite.


Ce matin, un monsieur m’a dit « il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas ».

J’ai trouvé ça très beau.


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