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  • sandra

[Vélodyssée. Jour 8.]

Dernière mise à jour : août 23

Ile d'Oléron



Lorraine ne lit pas mes publications.

Elle a dit qu’elle se réservait mes textes pour son trajet en train, pour les heures de nostalgie qui précéderont le retour à l’habitude.

Elle a dit moi je veux la vivre cette aventure, pas la lire.

Aujourd’hui on est parties à la découverte de l’île d’Oléron. On a posé les sacoches le temps d’une journée et on a arpenté les pistes cyclables de l’île en quête de jolis paysages.

Et on n’a pas été déçues.

A Saint Pierre d’Oléron, en passant devant la boutique In-Ekcess dans laquelle travaille Celine Dutrimécartnil, j’ai trouvé le pull de mon aventure, on lui a raconté notre histoire et pourquoi ce pull tombait tellement à pic et elle a dit qu’elle suivrait nos étapes avec plaisir.

Il y a eu ce moment où, avec son grand sourire d’enfant émerveillée, Lorraine m’a regardée et m’a dit « il y a des mouettes ». Elle me tue cette gosse, elle me tue.

Sur notre chemin j’ai croisé deux mamies assises sur un banc. Elles étaient tellement mignonnes que j’ai fait demi tour pour leur demander si je pouvais les prendre en photo. Elles ont dit d’accord mais on ne veut pas être sur les réseaux sociaux. J’ai promis. A contre coeur. Mais j’ai promis. J’aurais vraiment voulu que vous puissiez voir le sourire de ces deux sœurs et leurs robes bleues assorties mais cette photo restera dans ma boîte à souvenirs.

On s’est arrêtées de village en village, tantôt pour capturer les couleurs dans nos téléphones, tantôt pour se fabriquer un répertoire d’images jolies pour quand nos jours seront trop gris.

On a fini par s’installer sur une terrasse, au château d’Oléron, face aux cabanes de pêcheurs colorées, le soleil de fin de journée est venu chauffer encore un peu notre peau rougie, notre peau tannée d’avoir passée ces huit derniers jours à l’air libre, à l’air fou. C’est devenu notre rituel, cette bière de fin de journée, celui pendant lequel les souvenirs s’échangent et s’ancrent à l’intérieur, celui pendant lequel on n’a pas besoin de parler parce que nos sourires en disent assez.

Enfin, on a retrouvé Christine, notre voisine de tente de la nuit dernière.

Elle nous a proposé de boire un verre de l’amitié à la plage de Vertbois et on a accepté. Évidemment. Je crois que notre périple à vélo lui a fait envie, beaucoup, et j’espère qu’on l’a assez convaincue pour qu’elle se lance un jour.

Elle nous a apporté de la brioche et nous a demandé si on avait besoin d’autre chose. On a dit que vraiment si elle pouvait nous dépanner de papier toilette et de shampoing, ce serait super.

Elle est repartie chez elle et est revenue nous apporter tout ça avant de nous dire au revoir. Genre comme ça, simplement.

En rentrant de la plage, on a pris quelques dernières photos, on a ri de l’alcool qui mélangeait nos mots et faisait chanceler nos pas et puis on a fait la course pour rentrer au camping.

D’un coup on a eu dix ans.

En même temps.


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