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  • sandra

[Vélodyssée. Jour 6.]

Dernière mise à jour : août 26

Lacanau - Soulac



Ce matin, grâce à Flo, on a goûté au luxe de ne pas avoir à replier notre tente, parce que, même si on s’habitue à cette routine, je crois que les moments les plus contraignants dans l’itinérance sont l’installation et le rangement du camp. Promis, j’ai essayé de faire vite mais j’ai encore fait attendre Lorraine.

Cette fille est d’une telle efficacité qu’avec ma tendance à l’éparpille, je n’arrive jamais à être prête en même temps qu’elle.

On a repris la route après un petit dej au goût d’abricot, on a laissé Florence et sa famille reprendre le cours de leurs vacances sous les pins, Flo m’a glissé a l’oreille que j’avais vraiment trouvé une chouette fille comme compagnonne de voyage et j’ai dit ça c’est certain.

Aux premiers coups de pédale, j’ai pensé que j’étais ravie de remonter sur ma selle et qu’assurément, ce ne sera pas le dernier voyage en vélo que je ferai.

Cette idée m’a obsédée toute la journée, elle est revenue à plusieurs reprises chatouiller mes pensées alors qu’on avançait vers Soulac.

On a hyper bien roulé avec la gosse, elle me surprend de jour en jour, souvent, c’est elle qui mène la danse et j’aime bien regarder avec quelle détermination elle appuie sur ses pédales quand la pente devient plus raide. Elle ne lâche rien, jamais. Mais elle a aussi appris à se glisser dans ma roue, d’abord timidement et puis de plus en plus, pour s’abriter du vent et épargner ses forces.

On s’est accordé une pause burger à Montalivet et puis on s’est endormies sur la plage, un peu fatiguées de ces six jours passés les yeux écarquillés et les narines au vent.

On a eu très envie de sonner à toutes les portes pour partager de nouveaux moments jolis mais on avait très envie aussi d’un coucher de soleil sur la plage. Ça faisait quelques jours qu’on en parlait alors on a acheté de quoi pique niquer, on a trouvé un camping avec un accès direct sur la plage et on s’est offert du majestueux. C’était un peu mal parti au début, on aurait dit que le vent, le sable, la pluie et le gris avaient décidé de nous gâcher le plaisir. On a fait mine de les ignorer, on leur a un peu tourné le dos, on a dit c’est pas grave y en aura d’autres. On a quand même continué à guetter un peu, du coin de l’œil. On a dit tout fort qu’on irait se coucher plus tôt, tant pis et quand ils étaient bien sûrs que plus personne ne les regardait, le vent, le sable, la pluie et le gris ont embrassé l’orange, le rose et le feu du soleil pour nous offrir de la poésie.

Alors on s’est tues, on n’avait plus besoin de se dire combien c’était beau.

Dans notre silence, on était très d’accord.


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