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  • sandra

[Vélodyssée. Jour 5.]

Dernière mise à jour : août 23

Biganos - Lacanau


La première chose que j’ai vue en sortant de ma tente ce matin, c’est Claudine qui revenait de la boulangerie avec des chocolatines.

Voilà, c’est le réveil qu’ils nous ont réservé, elle et Richard, un vrai café et des pains au chocolat encore tièdes. On a partagé ce dernier moment avec eux, avec toute la charge d’intimité qui caractérise le réveil, on a fait une photo souvenir, avec nos têtes mal réveillées, éclairées par la vérité de nos sourires.

Richard nous a appelées « les branleuses » et je crois que ça voulait dire qu’il était admiratif, l’histoire de notre aventure a fait ressurgir en lui le souvenir de celles de ses seize ans, lorsqu’il partait conquérir le monde à bord de sa motocyclette, c’était joli à voir cet éclat de nostalgie dans ses yeux.

On s’est quittés après avoir échangé nos numéros et dans un dernier réflexe de parents, ils nous ont demandé de les prévenir quand on sera bien arrivées à destination.

On a enfourché nos vélos sous un ciel un peu gris, sous un ciel un peu mouillé et on a ri de notre linge condamné à ne jamais sécher.

Il y a une espèce d’évidence entre Lorraine et moi, elle se marrera sûrement en lisant ces lignes mais je ne sais pas, entre nous, c’est fluide, facile, naturel.

Et tellement agréable.

Tu vois j’étais partie seule et c’était vraiment important pour moi, cette solitude. Pour pouvoir être ouverte aux autres. Mais aujourd’hui qu’elle est là, je sais d’avance que la quitter ne va pas être simple.

On a encore traversé des kilomètres de forêt, des pins en ribambelle et une route qui monte et qui descend rendant notre traversée encore plus éprouvante, encore plus belle.

On s’est arrêtées sur la plage, on a fait cuire nos coquillettes achetées la veille, on les a accompagnées de sauce pesto et je crois que c’était les meilleures coquillettes du monde parce qu’elles avaient un goût d’inattendu, un goût d’improbable, un goût de partage et de simplicité.

Arrivées à Lacanau, on s’est émerveillées de toutes les couleurs que l’océan et le ciel avaient décidé de nous offrir en mélangeant toutes les nuances de gris et de bleu qu’ils avaient dans leurs tiroirs.

Ce soir, c’est Florence qui nous a ouvert les portes de son intimité. On se connaît depuis longtemps maintenant mais j’ai rencontré sa famille pour la première fois aujourd’hui et, encore une fois, j’ai été surprise de voir à quel point les gens sont capables de générosité et de bienveillance. Elle nous a accueillies un peu comme les héros du jour, elle nous a posé mille questions et a écouté nos histoires avec curiosité et admiration.

En vrai, on ne se sent pas plus héros que quelqu’un d’autre.

Parce que rien n’est effort, rien n’est souffrance.

Tout n’est que joie, tout n’est que vie.


Je ne me suis jamais sentie aussi vivante qu’aujourd’hui.


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