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  • sandra

[Vélodyssée. Jour 4.]

Dernière mise à jour : août 23

Parentis - Biganos


Amélie nous a quittées ce matin, on a essayé de ne pas trop s’attarder avec les aux revoir, elle était pressée, elle avait une dizaine de kilomètres à parcourir toute seule pour attraper son train et puis c’est toujours un peu pénible de voir partir un membre de l’équipage.

Alors vite vite on s’est dit merci pour tout, on s’est dit bonne route et surtout à très bientôt, on s’est promis de se tenir au courant et de s’envoyer des photos.

On a repris la route avec Lorraine, direction Biscarrosse.

Les petits bobos de la veille se sont rappelés à nous doucement, témoins de l’épreuve pas si banale que l’on était en train d’imposer à notre corps.

Ça ne nous a clairement pas empêchées de tracer notre route, laissant derrière nous des kilomètres de « waouh t’as vu comme c’est beau? ».

Je suis presque sûre que les cigales étaient là pour nous applaudir.

Je crois qu’on a trouvé notre rythme de croisière avec la gosse. Elle rigole à mes blagues pas toujours drôles ou alors elle fait mine de ne pas les entendre.

Elle me plaît, tu sais.

Quand elle est d’accord, elle dit « je suis chaud », elle a une voix grave, un peu rocailleuse, elle passe sa vie pieds nus, elle ne râle presque pas quand je mets trois heures à ranger mes affaires et elle a des fossettes jolies quand elle sourit.

Une sur chaque joue.

Elle va avoir 22 ans mais elle est d’une maturité déconcertante et d’un déterminisme sans pareil. Elle m’a dit « c’est la vie qui a fait que », elle m’a raconté, et je n’ai pas su retenir mes frissons et les larmes qui sont venues avec.

J’étais pas prête.

Je n’attendais que ça.

Elle a été chaud pour monter la dune du Pilat, je crois surtout qu’elle a voulu me faire plaisir. Des heures que je la saoulais avec ça.

Et puis on a poussé le coup de pédale jusqu’au bassin d’Arcachon pensant y trouver un camping où planter notre tente. On avait tout préparé, les coquillettes, le pesto et les bières.

Seulement voilà, le seul camping de Biganos affichait complet. La dame de l’accueil n’a rien voulu savoir. Elle a dit c’est complet complet.

Il était presque dix neuf heures, nos chances de trouver un autre camping se situaient à environ 15 km de là et on en avait sacrément plein le dérailleur.

Alors on a tenté.

On est allées sonner à la première maison avec un grand jardin que l’on a trouvée. On est arrivées comme ça, comme un cheveu sur la soupe dans la vie de ces gens qui n’avaient rien demandé, moites d’efforts et de kilomètres avalés.

On ressemblait à rien avec nos vélos chargés comme des mulets mais on avait l’âge d’être leurs filles et ils n’ont pas mis plus de trois secondes avant de dire d’accord.

Ils nous ont ouvert leur jardin puis la porte de leur salle de bains et enfin ils nous ont accueillies à leur table. On a partagé l’apéro et puis comme on ne pouvait pas en rester là, ils nous ont cuisiné des pâtes à la bolo.

Elles avaient un goût de famille, le camembert et la glace en dessert aussi. On se serait crues à la maison, c’était vraiment tout pareil à part que deux heures avant on était tous des inconnus.

Je crois que ce camping complet était la chance de notre journée, un grain de sable sur notre dune de souvenirs.




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