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  • sandra

[Vélodyssée. Jour 20.]

Pornichet - Le Pouliguen - Batz-sur-mer - Le Croisic - Le Pouliguen

Je suis au rendez-vous ce soir les gars. C’est bon, je suis là.

J’ai quitté Virginie et sa famille ce matin, ils étaient trop mignons à tous me regarder partir, j’ai pris une photo avec mes yeux. De leurs sourires.

Je me suis dit que j’allais prendre le temps de vous écrire à la terrasse d’un café. Mais une fois le café devant moi, les mots ont décidé de rester muets.

J’ai essayé d’insister, j’ai écris, effacé, écris à nouveau. Ça ne glissait pas, ça restait morne et sans lueur. Alors j’ai dit tant pis, ce n’est pas de la magie, si ça vient pas, ça vient pas. Et puis, c’est un peu comme la cuisine, des fois, c’est mieux quand ça marine, c’est plus tendre et mieux délicieux.

Du coup j’ai bu mon café, je suis remontée sur mon vélo et j’ai pris la direction de La Baule. J’ai laissé de côté la Vélodyssée et je me suis presque sentie exploratrice de sortir des sentiers battus.

Aujourd’hui, j’ai roulé sans objectif, à part celui de faire connaissance avec ce début de côte bretonne.

Je me suis arrêtée déjeuner au Pouliguen, j’ai mangé un truc hyper bon et j’ai repris la racontade. J’ai tout recommencé depuis le début et cette fois, tout a été plus facile.

Je suis restée un paquet de temps, assise à la table de ce restaurant, à faire danser mes doigts sur le clavier pour vous raconter le passage du Gois, Saint-Nazaire et la brioche perdue.

Les mots ont bien voulu se prendre au jeu de l’écriture, j’avais retrouvé leur chanson douce et j’ai été soulagée. J’ai pu repartir le coeur léger.

Sur ma route pour Le Croisic, j’ai été prise d’un coup de soleil, d’un coup d’amour pour le clocher de Batz-sur-Mer. Je n’ai pas pu y monter alors pour consoler ma déception, je suis entrée dans l’église. Le soleil avait décidé de ce moment pour faire danser sur le sol la transparence colorée des vitraux et je me suis sentie joliment accueillie. Je me suis assise dans cette église, je nous ai offert cinq minutes de mon temps pour qu’elle et moi, l’on se souvienne l’une de l’autre.

Quand je suis arrivée sur la côte sauvage, j’ai été prise d’un coup d’amour, d’un coup de soleil pour ce paysage fabuleux qui s’offrait à moi. Cette fois, j’ai béni le vent de face de me freiner autant et de me permettre ainsi de me remplir tout mon soûl de cette vue incroyable sur l’océan. J’ai gardé les yeux tellement ouverts que j’en ai eu des crampes, j’ai tout absorbé les gars, j’en ai pas laissé une miette, pour personne. J’ai avalé ce paysage jusqu’à la dernière goutte. Il est là bien au chaud derrière mes paupières pour calmer mes nuits lorsqu’elles seront trop agitées. J’ai fait tout le tour de la presqu’île, je n’ai rien voulu rater.

Et puis est venu le moment de rebrousser chemin, j’avais fini d’errer comme une âme pas du tout en peine et j’ai eu peur de ne pas trouver de camping. Alors j’ai lancé une bouteille à la mer que certains ont attrapée au vol.

Je ne vous ai pas dit les gars, mais parmi vous, j’ai quelques anges gardiens.

Si, si, je t’assure.

J’ai finalement décidé de planter ma tente au Pouliguen, comme pour boucler la boucle de cette journée de rêveries solitaires en terre bretonne.

J’ai pique-niqué devant ma tente et j’ai eu froid, j’ai retrouvé la vie du dehors après le confort des derniers jours.

Et ça m’a plu.






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