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  • sandra

[Vélodyssée. Jour 15.]

Dernière mise à jour : août 23

Jard sur Mer - Saint Jean de Monts



15 jours que je roule, les gars.

15 jours.

Deux semaines.

Il ne me reste plus qu’une petite excursion de quelques jours à Noirmoutier puis deux ou trois étapes pour arriver à Nantes.

Toi aussi, tu as trouvé que c’est passé vite?

On s’est levés tôt ce matin avec Jean Claude. On a rangé nos affaires, replié nos tentes, rattaché nos sacoches à nos porte-bagages et on s’est assis par terre pour partager une banane, des pom’potes et du babybel. On s’est dit que l’on boirait notre café plus tard, sur la route.

On était bien partis et puis un panneau manqué, une signalisation un peu bancale et un gps capricieux et nous voilà sortis de l’itinéraire. On a été obligés de faire un petit détour et de décaler un peu l’heure de notre café.

La vérité les gars, c’est qu’on est aussi nuls l’un que l’autre pour repérer notre chemin. On se perd régulièrement, on tâtonne, on dit je pense que c’est à gauche quand c’est à droite et je suis sûr que c’est à droite quand c’est à gauche. Mais on le prend avec philosophie et aussi beaucoup de légèreté et aussi beaucoup de rire.

On a quand même fini par retrouver notre chemin et le boire, notre café.

Puis on a tracé, on a traversé l’immensité et la foule des Sables d’Olonne. Je ne sais pas si j’ai trouvé ça beau, il aurait sans doute fallu que l’on mette pied à terre et que l’on aille découvrir l’arrière du décor de cinéma mais tu sais comment c’est, une fois les fesses posées sur la selle.

On est passés devant une supérette et on a hésité à faire des courses pour le pique nique. On s’est dit qu’on verrait plus tard, qu’il était encore un peu tôt.

On a merdé voilà, c’est tout.

Parce qu’on avait déjà bien faim et que le plus tard, il n’était pas pour tout de suite. Il était pour bien après, on a un peu trop poussé et la fringale a commencé à pointer au creux de nos estomacs.

Plusieurs kilomètres après, on a trouvé un grand Super U et on s’est rêvé une pause dej sur la plage. Sauf qu’à peine sortis du magasin, la pluie s’est mise à tomber. D’abord un peu, genre timidement, et puis de plus en plus fort.

Elle est venue perturber nos plans et retarder notre repas, encore un peu plus. J’ai dit à Jean Claude, fais pas attention, c’est juste une mise à l’épreuve. On n’a pas trop su où s’installer avec toute cette eau qui venait laver notre humeur.

On a finalement trouvé deux bancs avec une jolie vue. La pluie était toujours là.

On s’est dit qu’est ce qu’on fait, on attend un peu que ça passe ou on continue.

C’est passé. Assez vite. On a attendu. Pas longtemps.

Et après la pluie, il y a eu le soleil.

Après chaque pluie, il y a toujours le soleil. Mais souvent on oublie.

Jean Claude a coupé le melon que l’on avait acheté et il m’a préparé mes sandwichs. Ils étaient très bons ses sandwichs, ils avaient le goût du soleil après la pluie. On a demandé à un monsieur de nous prendre en photo pour se souvenir toujours de ce repas et de la vue formidable que l’on avait.

Sa femme a dit je le laisse faire, il fait de plus jolies photos que moi.

On a ri en voyant la photo.

On a continué notre route jusqu’à Saint Gilles Croix de Vie et même après.

On est arrivés au camping juste avant la fermeture de l’accueil, couverts de poussière et un peu groggy des kilomètres parcourus. En rigolant on a demandé à la fille s’il y avait un code wifi dans le camping. Elle n’a pas compris pourquoi on riait, évidemment, mais nous on savait.

On a déplié nos tentes encore une fois et puis on est allés dîner à Saint Jean de Monts. Arrivés en bord de plage, le soleil, entièrement habillé de rose et d’orange nous a souhaité la bonne arrivée.

Je crois qu’il était surtout venu honorer notre rencontre. Il fait ça, souvent.

Au resto, Jean Claude a su direct que j’allais prendre la pizza au chorizo, il a dit t’as vu je commence à connaître tes goûts.

Deux jours les gars, deux jours, et il sait déjà pour le chorizo.

On a discuté de la vie, comme on fait toujours et il a dit ça, il a dit que de toutes les personnes qu’il avait rencontrées et qui avaient osé un jour ou l’autre faire un pas de côté dans leur vie, aucune n’avait regretté.

Et moi j’ai pensé merci les pas de côté.

On est rentrés au camping à fond la caisse parce qu’on avait froid, encore.

Il faisait nuit noire de noir alors Jean Claude a bricolé une lumière avec son téléphone .

J’ai dit je vois dans ta lumière et j’ai trouvé ça pas commun. Mais beau. Lui il s’est marré et il m’a dit que j’allais surtout manger son pneu arrière si je ne faisais pas attention.

J’ai vu dans sa lumière mais j’ai fait attention à son pneu arrière.

En rentrant au camping, on a encore trouvé le moyen de se perdre en allant se laver les dents, on s’est bidonnés de se dire qu’on ne pourrait jamais faire Pékin Express ensemble.

Même à pied on est mauvais les gars, même à pied. Mais ce rire d’avant sommeil, il vaut bien de se perdre mille fois.

Tu vois, j’aurais pu avoir la trouille de voyager seule, je veux dire en tant que femme. J’aurais pu avoir la trouille de faire de mauvaises rencontres. J’aurais pu.

Les barrières finalement, c’est toi seul qui décides où les placer.




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