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  • sandra

[Vélodyssée. Jour 13.]

Dernière mise à jour : août 23

La Rochelle


Je vous ai fait faux bon hier les gars, mais j’avais une bonne raison. Je vous raconte. Hier je n’ai pas roulé. J’avais prévu pourtant hein. Mon itinéraire était tout tracé. Je devais filer tout droit jusqu’à la Tranche sur mer. J’attendais cette étape avec envie, avec plaisir, il me tardait de reprendre la route. Sauf que la veille au soir, j’ai reçu un message de Fabien. Voilà, il avait lu quelques uns de mes récits et il me proposait, si j’étais toujours à La Rochelle, de boire un verre ensemble. Moi j’avais décidé de quitter l’île de Ré assez tôt alors j’ai dit d’accord mais juste pour un café, j’avais de la route à faire et une polaire Quechua à remplacer.

Il a dit pas de soucis. J’ai mis un temps fou à ranger mes affaires, je veux dire, encore plus que d’habitude. Il avait plu dans la nuit, tout était trempé. Et puis moi le matin, j’émerge mal, j’émerge lent. Je suis arrivée à La Rochelle bien après l’heure que je m’étais fixée. Fabien m’avait donné rendez vous au marché, il a dit tu verras c’est vraiment sympa. J’avoue je l’ai un peu maudit quand j’ai dû traverser toute la ville pour le rejoindre, encore plus quand il a fallu mettre pied à terre pour circuler au milieu du marché. Et puis je les ai vus, lui et Jérôme, tout sourire, et j’ai arrêté de maudire.

Je me suis assise avec eux, j’ai commandé un allongé, une chocolatine m’attendait.

J’ai fait rouler mon rire dans ma gorge parce qu’ils ont eu ce genre d’humour qui fait qu’il n’y a pas eu de glace à briser. Dans ma tête j’avais dit une heure et après tu files.

Une heure et ils m’ont demandé si je voulais manger du fromage de chèvre.

J’étais foutue. J’ai dit oui, le chèvre c’est la vie. Encore plus avec du pain frais. Encore mieux avec un verre de vin blanc. Dans ma tête j’ai dit, bon encore une heure et tu files vraiment.

Encore une heure et ils m’ont dit tu veux des huîtres?

J’étais foutue foutue. J’ai dit oui, les huîtres oui, ça va bien avec le vin blanc. Quatre heures plus tard et des copains en plus ils m’ont dit tu viens avec nous au resto non? J’ai hésité. Un peu. J’avais une étape toute tracée dans ma tête, j’avais prévu. Et puis je me suis dit que le vélo pouvait attendre, l’imprévu non.

Ce genre de rencontres non plus. J’ai dit oui pour le resto. J’ai dit oui pour passer l’aprem avec eux.

J’ai dit oui pour rester dormir sur le canapé. On a mangé du fromage de chèvre pour le goûter. On en a mangé encore à l’apéro. Et puis un peu en dessert. On a bu un peu au début, un peu plus qu’un peu à la fin. On a fait des jeux pour s’apprendre et pour s’apprivoiser. Les gars ont joué de la guitare et on a chanté pour les accompagner. On a chanté Nougaro, on a chanté Brassens. Et je me suis sentie bien. Hier j’ai choisi d’être avec les copains d’abord. Fabien, Jérôme, Ségolène, Geoffrey, Sandrine, Julien, j’ai cru vous connaître depuis toujours. On dirait bien qu’à la manière du Petit Poucet, je sème des graines sur mon chemin, des points d’ancrage, des points de repère. Des points pas à la ligne.

Fabien, Jérôme, Ségolène, Geoffrey, Sandrine, Julien, je vous connais pour environ toujours.



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