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  • sandra

[Vélodyssée. Jour 11.]

Dernière mise à jour : août 23

La Rochelle - Ile de Ré



Voilà, Lorraine est partie.

On est allées ensemble à la gare de La Rochelle ce matin.

Elle a rangé son vélo dans sa housse et ça lui a pincé le cœur.

À moi aussi.

J’ai senti qu’il fallait pas trop que je traîne alors j’ai dit je mange un dernier pain au lait et je me casse.

On s’est dit, inchallah, qu’il y aurait d’autres bières à boire à Lyon ou à Fontainebleau. Elle m’a fait un vrai bisou sur la joue pour me dire au revoir et ça s’est serré dans ma gorge. J’ai essayé de ne pas trop montrer que ça allait bientôt déborder en dehors mais quand j’ ai jeté un dernier regard vers elle c’était trop tard et elle a tout compris. Alors, pour désamorcer elle m’a crié de faire attention aux panneaux et d’essayer de ne pas trop me perdre et ça a mélangé du rire à mes larmes de crocodile.

Ça m’a pris la matinée d’apaiser tout ce bordel. C’était un peu le foutoir à l’intérieur. Il y avait de la tristesse, évidemment, pas mal de nostalgie, et puis du vide. Mais ce qui a fait céder les vannes, ce sont les images de tous ces sourires qui me sont revenues en pleine poire, de tous ces rires qui explosent encore a mes oreilles.

Ça dégueule de joie et de lumière cette rencontre.

Et d’évidence aussi.

Et je pleure juste parce que je ne sais pas quoi faire d’autre de toutes ces émotions.

Il faut que j’évacue un peu les gars, voilà, c’est tout.

C’est fou parce que moi, à la base, j’étais partie seule. Je veux dire, c’était un vrai choix. Je m’étais dit que je ferai des rencontres, bien sûr, mais des rencontres éphémères, des mots échangés au détour d’un bloc de douches ou d’un panneau signalant la Vélodyssée.

Et maintenant que je passe des éclats de rire au silence je suis un peu paumée. C’est comme si c’était un nouveau départ, comme si je partais une deuxième fois.

En laissant Lorraine sur le parvis de la gare, je suis allée tout droit sur l’île de Ré. Je pensais calmer tempête une fois le pont franchi mais on dirait que cette année, ses pouvoirs sur mon dedans bouleversé n’ont plus rien de magiques.

Bien sûr, l’île est magnifique et je me régale de retrouver les noms de ses villages et ses pistes cyclables que je commence un peu à connaître.

Mais la vérité les gars, c’est que partout où je pose mes yeux, je ne trouve pas de simplicité, pas d’authenticité.

Je m’y sens seule, invisible et très éloignée de ce monde en représentation.

Et ce n’est pas parce que la gosse est partie que je dis ça.

Peut être bien que mon regard est en train de changer.

J’ai fait des courses en arrivant. J’ai racheté des pom’potes parce qu’en effet c’est délicieux et je n’en avais plus.

J’ai pris les premières qui me sont tombées sous la main, j’avais les yeux et les émotions encore embués, encore embrumées.

Tu me crois si je te dis qu’il n’y a pas de hasard?


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