• sandra

[Scandibérique.]



23h42.

Il est 23h42 lorsque j’écris ces lignes.

Je pars demain matin et je viens seulement de boucler mes sacoches. Enfin, à peu près. Un à peu pas tout à fait.

Je suis pas du genre organisée. Je suis pas du genre efficace.

Je viens de chercher pendant une heure l’attache de ma sacoche de guidon. J’ai fait deux aller-retours jusqu’à ma voiture, une lampe torche à la main. J’ai tout retourné mille fois. J’ai pesté contre la terre entière et surtout contre moi, j’ai dit c’est pas possible.

Elle était sur le canapé, sous les fesses de mon chien.

Mais ça y est les gars, c’est bon, je suis presque prête.

Il me reste à décider si je prends ma polaire Quechua plutôt que ma doudoune. Si je prends ma doudoune, plutôt que ma polaire.

Il y a eu l’hiver.

Il y a eu les refus des éditeurs et les rapports avec mes collègues qui se sont dégradés pire que pire.

Il y a eu le pass sanitaire et quelques soirées bien arrosées.

Il y a eu un nouveau livre commencé puis suspendu.

Il y a eu la guerre en Ukraine et puis les élections.

Il y a eu trois mois intenses de formation, des angoisses et des doutes.

Des adieux imaginés, redoutés, repoussés.

Demain je mets tout sur pause, les gars. Le temps de respirer.

Le temps de me retrouver.

Je pars avec deux objectifs.

1/ Rejoindre Bordeaux, depuis Fontainebleau, manger deux ou trois cannelés et me souvenir de la douceur d’une nuit d’été.

2/ Pousser jusqu’à Agen, embrasser mes grands-parents et boire un café, en haut de l’escalier.

Je ne te cache pas que ca va être un peu juste, il ne va pas falloir traîner.

Deux objectifs qui auront le goût du défi et un peu, aussi, celui de la liberté.

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