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  • sandra

[Le cadeau.]


Il faut que je te parle de mon cadeau de Noël, les gars. A première vue, en regardant un peu vite on pourrait presque s’y méprendre et croire qu’il s’agit d’un nouveau sac à main. Un sac à main un peu difficile à assortir certes, mais un truc pratique, du genre fourre-tout, du genre sac de Mary Poppins, prêt à recevoir tout le bordel de ma vie, les pièces de monnaie qui se font la malle, mes chewing-gum à la menthe et mon bâton de rouge à lèvres. Sauf que ceux qui savent, savent. Ils savent et ils auront reconnu. Ce cadeau là, il est bien plus précieux. Il est la clef de ma liberté. Enfin, une des clefs. Je rigole pas. À l’intérieur du sac, il y a une tente. Une tente les gars! Une tente avec un E majuscule. Et pas n’importe laquelle en plus de ça. La même que celle que l’on m’a prêtée cet été. En version pro. Du coup, qu’est ce que j’ai fait à ton avis? Bah oui. Oui, je l’ai déballée au milieu de mon salon. A trop regarder les photos de ceux qui voyagent, ça m’a donné des idées et je n’ai pas pu résister. J’ai voulu vérifier que je savais toujours m’y prendre. Ce fut un échec. Un vrai carnage. Parce que moi, j’ai voulu faire comme j’avais fait mille fois cet été, sauf que, qui dit « pro », dit subtilité dans le montage. Subtilité dont je ne me suis pas encombrée, trop pressée que j’étais d’affronter la bête. J’ai pesté, j’ai soufflé. J’ai même un peu transpiré. Heureusement que Lorraine n’était pas là pour me voir crever le plafond avec mes arceaux. Elle aurait bien rigolé. On aurait dit un curieux mélange entre une partie de pêche à la ligne et un montage de meuble IKEA. J’ai capitulé. J’ai un peu honte mais je dois te dire que j’ai fini par regarder un tuto sur mon téléphone. Je me suis dit, mais si, tu regardes vite fait, vite fait de chez vite fait et personne ne le saura. Voilà, en fait, c’était tout con, douze fois plus simple que ce à quoi je m’attendais. J’ai glissé les arceaux au bon endroit (tout est toujours question de mode d’emploi) et ma tente s’est dressée fièrement entre le canapé et la télé. Je l’ai trouvée immense, un vrai château fort, une forteresse imprenable et j’ai pris conscience que mon salon était vraiment minuscule. Je crois que je vais pouvoir y inviter une demie douzaine de personnes à faire des soirées karaoké les soirs où j’aurais du mal à dormir. J’y aurais bien passé la nuit mais planter des sardines dans le parquet, il paraît que ça ne se fait pas. Alors, à contre coeur, j’ai replié la toile en trois parties, j’ai essayé de suivre les plis mais évidemment, je n’ai pas réussi. La bonne nouvelle c’est que je n’ai pas perdu la main pour remballer, c’est toujours le même bordel pour faire rentrer le boudin dans l’étui. (Nathan, tu déteins sur moi, merci d’arrêter). Lorraine, si tu me lis, il semblerait que, même avec un matériel de pro, je sois toujours un boulet du rangement. Vivement notre prochaine aventure!

Ce soir, je ne suis que joie, t’imagines pas les gars. Joie et impatience de retrouver, comme dirait mon Père Noël adoré, ma cyclo-liberté.






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