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  • sandra

[L’impatience.]


Un mois.

Ça fait un mois les gars.

Que j’ai envoyé mon premier manuscrit à différents éditeurs.

Désolée, je ne vais pas te parler de vélo. C’est que, il est rangé, bien à l’abri, à côté des décorations de Noël et des outils de jardinage. Des fois, je le sors pour une balade avec papa mais pour le moment ça s’arrête là. C’est pas définitif, non. J’ai juste besoin de mettre de l’ordre dans mes idées et d’échelonner mes projets.

Et puis, il va falloir que je l’équipe correctement si jamais je veux voir la Corse en avril et si surtout je veux pouvoir repartir l’été prochain.

Non, je voulais te partager l’attente.

Celle d’une réponse, celle d’un oui ou d’un peut-être.

Celle qui te fait actualiser ta boîte mail douze fois par jour et guetter d’un œil distrait le passage de la factrice.

Vers midi trente.

Celle qui provoque ces montagnes russes de l’intérieur quand tu parcours en diagonale, fébrile et les mains moites, les quelques réponses déjà obtenues.

« Nous sommes au regret de vous informer que nous ne pouvons retenir le manuscrit que vous nous avez confié en vue d'une publication. Ce refus ne remet nullement en cause les qualités ni l'intérêt de votre ouvrage, mais tient à nos dispositions éditoriales. ».

Et merde.

Deux refus pour l’instant.

Un non et encore un.

Sur une douzaine d’envois, tu vas me dire que c’est du pipi de chat, que ça fait partie du jeu, qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, ce genre de trucs.

Et t’as raison.

Je sais que t’as raison.

Mais ça n’enlève rien à l’impatience qui joue avec mes nerfs à mesure que les jours passent et passent toujours.

Alors en attendant, je me recentre et me concentre. Je me cajole et me dis de tenir bon, encore un peu, encore beaucoup.

En attendant, je me rêve deux autres projets de livres, des trucs très beaux dont je n’ai pas encore écrit une seule ligne. Mais je sens l’idée puissante parce que sortie bien droit du fond des tripes, celles qui digèrent, celles qui réparent. Et je sais que ça peut faire écho. Un genre d’écho qui résonne fort. Je sens l’idée de poésie, aussi, l’émotion brute, bercée par des phrases dénuées de sens, hormis pour ceux qui les écrivent et ceux qui savent les recevoir.

En attendant, je mijote et je rapièce des conversations enregistrées cet été qui pourraient bien donner naissance à un podcast. Des maux d’école, encore, mais pas les miens cette fois. Ceux que d’autres ont bien voulu me confier au terme d’un parcours parfois un peu compliqué.

Alors tu vois, c’est une attente bien occupée mais assez peu organisée, c’est vrai.

Je remplis le vide laissé par l’envoi de mon tout premier texte en espérant avoir de ses nouvelles bientôt.

C’était il y a un mois.

Tout pile.

C’était hier.

Il y a un peu plus d’une éternité.



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