• sandra

[L’île de Ré. 6]



C’était trop bien les gars.

Je veux dire tout. Vraiment tout.

Le fait de partir seule avec mon chien.

Le fait de reposer le cul sur un vélo, sept presque jours entiers d’affilée.

Le fait de découvrir un autre visage de l’île, sans chichi, sans chacha, démaquillé et plus intime. Plus offert, plus disponible.

On a pris le temps de se connaître, toutes les deux. Un peu plus que les autres fois.

Elle s’est ouverte à moi, elle m’a laissé le droit de la parcourir, de l’explorer.

Et plus seulement de l’effleurer.

Et pas seulement du bout des doigts.

J’ai disséminé mes rires sur ses ports, aux quatre coins de ses bateaux, j’ai planqué mes inquiétudes sous deux ou trois de ses galets, au milieu des plages rendues désertes et j’ai chanté moitié faux, moitié pas tout à fait vrai, sur la totalité de ses pistes réservées aux vélos.

Elle a été le prétexte pour rencontrer, découvrir et surtout renforcer des liens laissés ficelles. Elle m’a aidée à les faire solides et cordes de rappel.

J’ai été enveloppée d’amour pour rien, d’amour cadeau, d’amour café, d’amour blanquette de veau et vélo prolongé, d’amour à distance et d’amour huîtres sur un marché.

J’ai aimé être seule, j’ai aimé être plusieurs et j’ai aimé que mes inconnus d’il y a six mois et mon presque connu d’il y a trente ans poussent les meubles gros et lourds contre les murs pour venir s’installer au milieu de mes amitiés.

Je me suis sentie vivante, regonflée de cet air mi-marin, mi-mimosa, du bruit que fait la mer quand elle remonte et de la couleur de la grande ourse quand elle te dit bonne nuit.

Et puis hier, lors d’une ultime balade sur l’île, j’ai vu la toute première rose trémière de la saison.

Si ça, ce n’est pas un bout de consolation…




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