• sandra

[L’île de Ré. 3]

Loix, mon amour


Je suis allée dire bonjour à Loix parce que c’est un de mes villages préférés.

J’emprunte toujours la piste du bord de mer parce que le bord de mer, ça ne se discute pas.

Je me souviens encore de la première fois où j’y ai mis les pieds. J’étais venue sur l’île avec mes parents, on avait loué des vélos et pendant qu’ils vivaient leur vie paisible, moi j’allais, je venais sans but précis. Je prenais les pistes au hasard, laissant la surprise me cueillir et le paysage me ramasser.

Après Saint-Martin, j’avais décidé de pousser la curiosité un peu plus loin, encore un peu et encore un petit peu.

Le dos chauffé par le soleil, j’étais arrivée devant le port de Loix et j’avais été saisie par la beauté simple de ses murs blancs. En réalité, c’est un peu rikiki mais ça suffit largement pour dessiner une carte postale. Depuis, chaque fois que je vais sur l’île, je pars retrouver ce port aux trois bateaux et le café de la petite place.

Hier, tout était encore fermé parce que l’île, elle se prépare, elle se refait une beauté.

J’ai trouvé une petite dame derrière une vitre en plexiglas qui préparait des crêpes au caramel et des chocolats chauds. Quelques tables étaient installées et je me suis sentie invitée à prendre le goûter.

J’ai partagé ma crêpe avec First parce qu’il l’avait bien mérité, il commence tout doucement à s’habituer à la remorque même si, sur les pistes un peu bancales, il est parfois chahuté.

J’aimerais bien voyager avec lui mais je crois qu’il n’est pas encore prêt. Il est vieux et toutes ces conneries de caisse roulante, ça ne le fait pas vraiment marrer. Lui, ce qu’il préfère, c’est les balades au bord de mer, les roulades de joie, sa gamelle du matin et aussi celle du soir.

Aujourd’hui, je me suis baladée à Saint-Martin parce que Saint-Martin, niveau mignonnerie, il n’y a rien à chipoter.

Je t’avoue que les toutes premières minutes, j’ai eu un peu de mal à bien reconnaître les lieux. D’ordinaire, c’est toujours noir de monde, c’est de l’effervescence dans les ruelles et la queue devant le glacier. Alors autant te dire que je me suis sentie perdue devant cet air tout pour moi et la moitié des boutiques en attente de l’été. Imagine un peu, le port vidé de ses touristes, de ses vélos et de ses cornets de glace.

Au milieu de tout ce vide, il m’est arrivé un truc absolument improbable.

Alors que j’étais en train de prendre une photo, une jeune femme me sourit de l’autre côté du trottoir. Je souris à mon tour et elle me dit j’adore vous lire. Je ne comprends pas très bien et devant mon air étonné et mes yeux écarquillés, elle répète, j’aime beaucoup ce que vous écrivez.

Il se trouve qu’elle me suit sur les réseaux parce que, elle aussi, elle fait un peu de vélo. Elle avait vu que j’étais sur l’île de Ré et elle s’est dit que peut-être l’on se croiserait. Ça m’a fait très étrange d’être reconnue dans la rue et ça m’a aussi beaucoup émue d’entendre du gentil sur les mots que je choisis. Elle s’appelle Amandine et elle n’avait pas assez de temps pour un café mais d’ici mon départ j’espère bien partager un petit bout de bout de vie avec elle. Elle a été comme un rayon de réconfort au milieu de la pluie et du vent de l’heure d’après. Une éclaircie de doutes quand je me demande parfois si ça vaut vraiment le coup de raconter.

Demain j’ai décidé de me lever tôt pour faire le tour de l’île à vélo. Le complet, l’intégral, celui que je n’ai jamais fait.

Je te raconterai Alex, il s’est laissé séduire par mon idée un peu folle et a décidé de m’accompagner.

Bon, il a fait un peu la gueule quand j’ai annoncé l’heure du départ alors on verra bien s’il sera au rendez-vous !




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