• sandra

[Faire un vœu.]


Finir et commencer. Un nouveau tour de roue. Un énième tour de roue. Que l’on espère plus grand, plus riche ou plus fort que le précédent. Mais, avant, se délester du poids des morts. Ceux qui le sont pour de vrai et ceux qui continuent à vivre dans l’ombre. Ces morts bien vivants qui t’étouffent et qui t’entravent. Se délester du poids du deuil. Les grands comme les petits, celui d’une histoire d’amour rêvée, d’une amitié qui avait pourtant bien commencé, celui d’une idée qui m’avait semblé incroyable, celui d’un chemin emprunté qui n’était pas le bon. Du poids des mots, aussi. Ceux qui blessent et ratatinent. Ceux qui encombrent et m’ont fait croire que je n’étais pas à la hauteur. À la hauteur de rien du tout. Déposer toutes ces lourdeurs au pied d’un arbre que je trouve joli. Et faire peau neuve. Faire peau neuve pour recevoir la lumière et vivre la liberté. Celle de me sentir vivante. Vivante d’air froid, de soleil sur peau et de cheveux baignés de pluie. Vivante d’avancer. De s’arrêter. De repartir. Ou de ne plus bouger du tout. Vivante de rencontrer et d’absorber l’histoire des autres pour mieux interroger la mienne.

C’est l’heure du bilan comme on dit. Douloureux ou porteur de promesses. Douloureux et porteur de promesses. Parce que l’on se rend compte que l’histoire n’est pas celle que l’on s’était imaginée. Quand on était enfant, adolescent, quand on était hier. Les plans échafaudés sont tombés à l’eau. Les enfants voulus ne sont pas nés. L’amour fou ne nous a pas bourrasqués. Et en même temps, il y a cette immensité des possibles qui s’ouvre à nous tous les matins et qui nous frissonne parce que rien n’est encore figé ni écrit ni enterré. Je n’ai pas envie de me mentir en dressant une liste de résolutions creuses. Je me souhaite seulement de faire de mon mieux. Toujours. Le plus possible. Je me souhaite du vrai partout. Du vrai intense, du vrai heureux, du difficile et du contrarié. Du vrai d’un soir, d’une heure ou deux ou du vrai de toute une vie. Je me souhaite du vrai pour tout. De l’authenticité qui dégueule et qui fait tomber les masques. Du vrai imparfait qui rend unique et singulier. Parce qu’à l’heure des bilans, il n’y a que ça dont on se souviendra.

Pour cette nouvelle de nouvelle année, je vous souhaite de faire de votre mieux. Je vous souhaite d’être débordé de vrai, enveloppé, englouti. De vrai intense, de vrai heureux et parfois malheureux. De celui que l’on ne peut oublier. Même à l’heure de tout recommencer.

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