• sandra

[Île de Ré]


[Delphine.] Je viens d’arriver sur l’île de Ré, les gars. Et tout ça, c’est grâce à Delphine. Delphine, je ne sais pas si tu t’en souviens, mais je l’ai rencontrée cet été. Sur la toute fin de mon parcours. La toute, toute fin. Un message envoyé juste à temps, une rencontre décidée sur un coup de tête et quelques heures plus tard, nos vies déballées sur une nappe de pique-nique. Comme si l’on s’était toujours connues. Elle était tombée sur ma page deux jours plus tôt, je veux dire comme ça, par hasard. Elle avait avalé mes textes, frénétiquement, je veux dire toute l’histoire, de A jusqu’à Z et elle se retrouvait là, à la faveur de quelques messages échangés et de planètes très alignées, devant moi, à me fasciner de son sourire et de sa joie de vivre. Depuis, Delphine, c’est des messages vocaux de quinze minutes avec des pauses de temps en temps pour aller faire pipi, elle dit toujours, salut ma poulette et, tu dois sûrement être arrivée au travail, tu écouteras mon message plus tard sauf que moi, je n’arrive jamais à attendre la fin de la journée pour l’écouter. C’est un lien sorti de nulle part, une espèce de cerise sur le gâteau, c’est un bonbon qui pétille et des rires qui s’éparpillent. Elle est comme ça, Delphine. Elle t’explose à la tronche avec sa voix qui chante, elle t’enveloppe de mots forts et de mots courage, et te bombarde de son énergie puisée auprès de je ne sais quel soleil. Pourtant, elle aussi, elle enchaîne les bobos, les drames et les tristesses. Elle aurait de quoi avoir les bras à terre depuis longtemps. Je ne sais pas où elle trouve cette force de continuer toujours à faire chanter sa voix, de continuer toujours à ensoleiller mon téléphone, les matins gris, les matins fades et les matins d’hiver. Je crois qu’elle a la vie en elle plus forte que tout. On s’est vues une heure et demie il y a sept mois et aujourd’hui, elle m’offre l’île de Ré. Comme ça. Parce que ça lui fait plaisir. Une heure et demie, les gars. C’est rien du tout pour faire confiance. Du pipi de chat. Elle dit qu’elle sait pas comment expliquer et à vrai dire, moi non plus. Une sorte d’évidence. Un sourire en coup de foudre. On devait partir toutes les deux et puis elle a eu un empêchement. Elle a dit vas-y quand même et je n’ai pas été sûre d’avoir très bien compris. Elle a dit mais si, prends les clefs, pars, fais toi plaisir, va prendre l’air, je crois que c’est nécessaire. Alors me voilà, grâce à elle, en plein mois de février, sur mon île mon amour, mon île ressource et mon île guérison. Elle ne pouvait pas me faire meilleur cadeau. Vraiment, elle ne pouvait pas. Je ne pouvais pas espérer meilleur cadeau. Non, vraiment, je ne pouvais pas.

Delphine, M.E.R.C.I. En grosses lettres capitales.




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